29 Avr

Comment éviter et surmonter la dépression post-partum ?

dépression maternelle

La dépression post-partum : comment l’éviter et la surmonter ?

Après la naissance de bébé, il est difficile de trouver sa place en tant que maman. Ce petit être vulnérable et encore inconnu focalise tout le temps et toute l’attention de son entourage. La société actuelle et les réseaux poussent les jeunes mamans à être la meilleure, la plus belle, la plus épanouie. Le post-partum devrait être une période divine et savoureuse. Pourtant, la fatigue, la chute des hormones et l’anxiété sont à leur comble. Les parents doivent (re)trouver un équilibre familial et apprendre leur nouveau métier.

Parfois le bébé que l’on a face à soi est trop différent de celui que l’on a imaginé et la culpabilité est invalidante : on parle alors de dépression post-partum ou dépression post-natale.

Encore taboue, la dépression post-partum peut avoir des conséquences très néfastes sur le développement et l’épanouissement des enfants ainsi que sur la santé des femmes. De plus, elle impacte l’équilibre familial. En effet, il faut avoir conscience que le suicide est une des premières causes de mortalité chez les femmes dans la première année qui suit l’accouchement ! Il est donc primordial d’en parler, de la prévenir et de la traiter efficacement.

Dans cet article, vous allez découvrir la définition de la dépression post-partum, ses symptômes, ses conséquences et la différence avec le baby blues. Nous verrons ensuite comment il est possible de l’éviter, l’importance de la place du deuxième parent et les solutions pour la surmonter.

Précisions

Beaucoup de littératures traitent de ce sujet. Il y a de quoi faire une thèse, voire même plusieurs ! Je n’aborde pas tous les aspects de la dépression post-partum dans ce court article. Le but est que ce focus soit accessible au plus grand nombre, donc sans termes trop techniques. Cependant, le sujet me passionne.  Si vous avez besoin de davantage d’informations, n’hésitez pas à me contacter : https://defilenfamille.fr/contact

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En aucun cas, ces conseils ne se substituent à une consultation médicale. Je mets en garde les lecteurs sur le fait que la dépression post-partum relève d’un diagnostic médical. En cas de trouble grave ou de pathologie associée,  je vous invite à consulter votre médecin. Mon accompagnement, en tant qu’infirmière puéricultrice, pourra venir, si besoin, en complémentarité.

Le sommaire

la définition de la dépression post-partum les symptômes les conséquences sur le nouveau-né sur la mère la différence avec le baby-blues comment éviter la dépression post-partum ? Comment la surmonter

La définition de la dépression post-partum 

10 à 20% des femmes sont touchées par cette maladie. Elle est donc assez fréquente. La dépression post-natale survient souvent autour du premier mois après la naissance mais peut apparaître jusqu’à 15 mois après. Il s’agit d’un état dépressif, donc profondément triste, pessimiste, épuisant, lié au bouleversement que constitue l’arrivée d’un bébé.

Il est important de faire la différence entre les manifestations normales liées à l’accouchement et à la naissance (fatigue, stress, etc.) de la pathologie décrite ici. J’ajouterai qu’il est NORMAL d’être fatiguée, voire épuisée, et de se sentir un peu perdue à l’arrivée d’un bébé. Le diagnostic de la dépression post-partum relève d’une compétence médicale.

La dépression post-partum est différente du baby-blues, qui reste bénin.
Image tirée du film Tallulah

Les symptômes

Parmi les symptômes, on retrouve un profond sentiment de mal-être, d’épuisement maternel intense, d’incapacité à prendre soin du bébé mais aussi de soi, une anxiété importante, une dysthymie (sautes d’humeur), des insomnies, une perte de l’appétit, une grande tristesse, des pertes de mémoire, des crises d’angoisse, des douleurs physiques multiples, un rejet répétitif de l’enfant, un dégoût général, un sentiment que tout se passe mal, un repli sur soi et parfois des idées suicidaires. Pour l’entourage, il est important de savoir que les mamans peuvent adopter un masque souriant et lisse, ne s’autorisant pas à montrer leur état dépressif.

Ces symptômes ne sont pas exhaustifs et peuvent ou non, être présents. Dans le même temps, vous pouvez avoir quelques symptômes mentionnés ci-dessus et ne pas souffrir de dépression post-partum. Seul un professionnel de santé pourra établir le diagnostic avec vous. Si vous pensez avoir besoin d’aide, vous pouvez me contacter ici : https://www.defilenfamille.fr/contact/

Des chercheurs ont établi un questionnaire permettant d’autoévaluer le risque de dépression post-partum chez les jeunes mamans: (l’EPDS Edinburgh Postnatal Depression Scale)

Lien ici : https://reseaux-sante-ca.org/IMG/pdf/epds_depistage.pdf

Les conséquences de la dépression post-partum

La dépression post-partum peut engendrer de graves conséquences, tant sur  la santé de la mère, que sur celle de l’enfant. Bien sûr, elle impacte également l’entourage, le conjoint et la fratrie, s’il y en a.

Sur le nouveau-né

Les enfants, et donc les nouveaux-nés, sont des « éponges émotionnelles ». Ils vont donc percevoir l’état dépressif de leur maman et peuvent manifester leur inconfort de différentes manières : anorexie, pleurs intenses, tension et raideur physique, apathie, vomissements répétitifs, régurgitations, troubles du sommeil, difficultés de croissance, troubles psycho-moteurs, évitement visuel, hypervigilance, désintérêt pour son environnement, etc.

Après la naissance, la jeune mère est classiquement préoccupée par son bébé qui est tout pour elle, c’est « la préoccupation maternelle primaire » décrite par Winnicott.  Un processus d’accordage (Stern, 1989) se met en place permettant à la mère de répondre aux besoins de son enfant et d’être en interaction avec lui. Cependant, en cas de dépression post-partum, ce processus nécessaire à la dyade mère-bébé est mis à mal et les interactions peuvent être inadaptées.

Les nouveau-nés dont la mère souffre de difficulté maternelle se sentent en insécurité permanente. Ils ne bénéficient pas d’un maternage répondant à leurs besoins. Ainsi, leur développement psycho-affectif est clairement impacté. Par ailleurs, des conséquences à long terme sur leur équilibre et leur épanouissement peuvent survenir.

Sur la mère

La femme, en pleine construction de son identité de maman, inscrit la souffrance en elle. Il peut s’agir d’un réel traumatisme pouvant empêcher la mère d’entretenir des relations épanouissantes avec ses proches, venant réactiver d’autres blessures  et impacter ses projets futurs (autres enfants, travail, etc.). Un retentissement sur sa santé globale est inévitable et l’équilibre familial est impossible à construire.

Parfois le mal-être et la culpabilité est telle que l’on constate des tentatives de suicide ou des infanticides. Le couple parental peut aussi éclater et c’est rapidement la descente aux enfers. L’effondrement de la mère met celle-ci dans un cercle vicieux qui ne peut s’arrêter qu’en tirant la sonnette d’alarme et en appelant à l’aide.

il est important de rester attentif aux signes de la dépression post-partum
Dépression maternelle

La différence avec le baby-blues

Le baby-blues est un phénomène qui touche 50 à 80% des femmes qui viennent d’accoucher. Il peut donc être considéré comme « normal ». En tout cas, il est bénin et temporaire. Il survient généralement au 2 ou 3ème jour après la naissance et dure quelques jours. Cet état de déprime légère est en lien avec les changements hormonaux, la fatigue et le bouleversement lié à la rencontre avec le bébé.

Le baby-blues se manifeste par une labilité émotionnelle (la maman passe du rire aux larmes) sans qu’elle en comprenne pourquoi et un sentiment de confusion ou de flottement chez la jeune mère. Avec du soutien et de l’écoute, ce passage déstabilisant s’efface rapidement.

Ainsi, le baby-blues est donc bien différent de la dépression post-partum, qu’il peut cacher les premiers temps.

Comme éviter la dépression post-partum ?

Même s’il existe des facteurs de risque de dépression post-natale (pathologie psychique préalable, contexte socio-économique défavorisé, rupture conjugale, isolement, contexte familial violent ou conflictuel, déni de grossesse, etc.), il est possible de l’éviter !

Au quotidien

En effet, l’accompagnement des femmes avant la conception et pendant la grossesse est primordial. Elles doivent pouvoir bénéficier d’un soutien et d’une écoute bienveillants leur permettant de construire peu à peu leur projet de naissance. Le but est d’apprendre à devenir maman le plus sereinement possible. Pour cela, il est important d’avoir une situation familiale la plus équilibrée et la plus solide possible avant la grossesse. Un couple solide permet un soutien mutuel bénéfique et un partage des tâches, réduisant la fatigue de chacun. De plus, le soutien de la famille et des amis après la naissance permet à la maman de prendre du temps pour elle et de rompre l’isolement.

Après la naissance, il est courant de se sentir submergé : manque de temps pour prendre soin de soi, faire les courses, se laver, le ménage, faire les démarches administratives ou même tout simplement aller aux toilettes ! Il est alors fondamental de prioriser et de faire passer les besoins de la maman et du bébé en priorité : repos et sommeil en tête de liste !

Le recours à des professionnels

Ensuite, bien évidemment, les professionnels de santé et du secteur social ont toute leur place dans la prévention de la dépression post-partum. Les futures et jeunes mamans peuvent (et même doivent je dirai) les solliciter pour suivre la grossesse, préparer la naissance, avoir des aides si nécessaire et les accompagner dans cette période si importante.

La PMI (Protection Maternelle et Infantile) est un dispositif local gratuit qui peut permettre de trouver du soutien chez certaines mamans. Cependant, les professionnels manquent souvent de temps et de moyens pour fournir un accompagnement durable et de qualité à toutes les familles qui le requièrent.

Comment je peux vous aider ? Infirmière Puéricultrice, mon accompagnement s’ancre tant dans la prévention que dans le traitement de la dépression post-partum. J’ai la capacité de vous accompagner de manière personnalisée, de vous aider à créer un climat sécurisant autour de vous, en fonction de vos besoins.

Contactez-moi ici pour toute demande : https://defilenfamille.fr/contact/

Comment surmonter la dépression post-partum ?

Surmonter seule une dépression post-partum relève du miracle ! Il n’y a pas trente-six solutions il faut demander de l’aide. Alors à qui ? Voici quelques exemples :

-Modes de garde (crèche, assistante maternelle, famille, amis, voisins)

-PMI : soutien, TISF (Travailleur d’Intervention Sociale et Familiale)

-Médecin, pédiatre, psychiatre, sage-femme, gynécologue, psychologue, puéricultrice ou éducateur indépendant

-LAEP, réseaux, associations (Maman Blues, Allo parents en crise, SOS Parentalité, permanence de la Leche League) liens en bas de l’article.

En cas d’hospitalisation, des unités mère-bébé permettent un soutien approfondi et efficace.

Je suis convaincue qu’un travail en réseau, avec une équipe pluri-disciplinaire, est la meilleure solution pour accompagner les futures et jeunes mamans. Un suivi individuel et des temps d’échanges sont souvent nécessaires pour venir à bout de cette pathologie qui reste encore trop souvent taboue.

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Références

Sources :

HOUNICHEREN, Aude. La nuit : quand l’anxiété pointe le bout de son nez. Travail de fin d’études mémoire infirmier. Paris : IFSI des Diaconesses de Reuilly, 2014,. 60p. (mon mémoire infirmier)

Disponible sur : https://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/tfe/tfe-nuit-quand-anxiete-pointe-bout-de-son-nez.html

LACOUDE, Fabienne. La difficulté maternelle. PEPS, 2019, n°27, p. 42.

BENTATA, Hervé. Dépression du post-partum et santé psychique de l’enfant. Les Cahiers de la puéricultrice, 2016, n°296, p.12.

ALLISY, Stéphanie., QUANTIN, Laure. Unité d’accueil parents-enfants, un soin de la rencontre. Les Cahiers de la puéricultrice, 2016, n°296, p.16.

BENTALEB, Djamila. Dépression de post-partum et prise en charge en pouponnière. Les Cahiers de la puéricultrice, 2016, n°296, p.20.

DUFOUR, Dominique. La dépression du post-partum : quel accompagnement possible en service de PMI ? Les Cahiers de la puéricultrice, 2016, n°296, p.24.

GASSIER, Jacqueline., DE SAINT-SAUVEUR, Colette., dir. Les particularités de la période de post-partum. In : le Guide de la puéricultrice. 3ème Ed. Masson. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson, 2012, p.159

Sites internet :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/viefamille/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-maman-depression-postpartum-babyblue

https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2001-2-page-379.htm

https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2011-2-page-611.htm

http://thesesante.ups-tlse.fr/1158/1/2015TOU32082.pdf

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00765348/document

Liens :

Association Maman Blues : https://www.maman-blues.fr

Allo parents en crise : Numéro Vert Gouvernemental : 0 805 382 300 

SOS Parentalité : Réseau Parentalité Créative-Catherine Dumonteil-Kremer : 09 86 87 32 62

Permanences de la Leche League : https://www.lllfrance.org/vous-informer/contacter-une-animatrice

Me contacter : https://www.defilenfamille.fr/contact/

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